Lost In The Supermarket - The Clash | Rain - Mika

Lost In The Supermarket - The Clash | Rain - Mika
Ca fait tellement longtemps que j'avais pas mis les pieds ici... Les "pieds". C'est toujours étrange de voir tous ces mots. Déjà trois ans d'états d'âme postés ici. Tellement rien qui n'a changé, partout, nulle part... J'ai du mal à écrire. Les mots ne viennent plus, peut être qu'il est temps d'arrêter de croire que je suis toujours une adolescente perdue dans ses problèmes de puberté. Je suis peut-être devenue une femme aujourd'hui. C'est tellement... effrayant. Je ne peux me résoudre à penser que j'ai grandi, que je ne peux plus me cacher derrière une irresponsabilité, comme avant, comme je l'ai toujours fait d'ailleurs. C'est tellement flippant de me dire que je n'ai plus 14 ans, que je devrais affronter mes problèmes comme une grande personne le fait... Ce que je ne fais toujours pas d'ailleurs. Je n'ai pas de vie, je suis toujours jalouse des gens, je parle toujours toute seule en m'imaginant des vies, je souhaite encore que les gens m'envient comme j'envie les gens... Je n'aime toujours pas parler au téléphone, je n'ai toujours pas assez de couilles pour garder intactes les amitiés. A tel point que si on ne s'accroche pas à moi, je n'm'accroche pas non plus - j'ai toujours peur d'être de trop. Toujours ces peurs qui sont censées ne plus être quand on grandit. C'est quand même pas toute ma vie que je vais garder un âge mental de pré-adolescente ?
Je n'sais même plus écrire... J'ai rien dans la cervelle. Malgré le fait que j'adore écrire ici et même si je ne pense pas fermer ce blog un jour - il est trop important pour moi, je n'retrouve pas les sensations. Ce post est donc sans doute le dernier.

# Posted on Sunday, 06 December 2009 at 11:22 AM

Swing Swing - The All-American Rejects | Make It Mine - Jason Mraz

Le casque jette tellement fort la musique à l'écoute que le monde entier des alentours peut entendre. Les mélodies me laissent pourtant de marbre. Je ne vibre pas, je ne pleure pas, même si caricaturée je déborderais d'eau. Impatiente, mais fatiguée. Envie de rien, je suis vide, comme bien souvent, bien trop souvent. Fatiguée à 22h, lasse de tout. Le soleil n'est pas encore complètement parti que je suis déjà allongée dans un noir factice avec un bandeau pour les yeux, et le casque qui hurle des chansons qui ne m'impressionnent même pas.
Tout le monde est vide, vide de sens à mes yeux, parce qu'ils n'ont rien d'attrayant. Se fabriquant des petites existences et des petites passions, elles croient qu'elles ne pourraient vivre sans. C'est ce que je croyais aussi, avant de m'aperçevoir qu'on peut vivre de rien, si le fait de vivre est le fait de ne pas être mort physiquement. On peut vivre sans rien, assis dans une pièce dénuée de meubles ou d'objets attrayants, sans bruit et sans personne. On peut, vraiment. Le sentiment en ressortant n'est même pas de la tristesse, parce que pour ressentir tout sentiment il faut d'abord ressentir son contraire, or ce n'est pas arrivé depuis longtemps.

Pourquoi faut-il absolument que quelqu'un meure ? - Pour en faire ressortir le goût de la vie... par contraste.

Dearest, I feel certain I am going mad again. I feel we can't go through another of these terrible times. And I shan't recover this time. I begin to hear voices, and can't concentrate. So I am doing what seemsthe best thing to do. You have given me the greatest possible happiness. You have been in every way all that anyone could be. I don't think two people could have been happier till this terrible disease came. I can't fight any longer, I know that I am spoiling your life, that without me you could work. And you will I know. You see I can't even write this properly. I can't read. What I want to say is I owe all the happiness of my life to you. You have been entirely patient with me and incredibly good. I want to say that — everybody knows it. If anybody could have saved me it would have been you. Everything has gone from me but the certainty of your goodness. I can't go on spoiling your life any longer. I don't think two people could have been happier than we have been.

Suicide note to her husband, Leonard Sidney Woolf (18 March 1941)

# Posted on Thursday, 18 June 2009 at 9:47 AM

L'homme pressé - Noir Désir | The Alarm - Molly

L'homme pressé - Noir Désir | The Alarm - Molly
J'sais pas. J'sais pas, j'peux pas répondre, j'en ai aucune idée. Parce que j'm'ennuie, parce que j'ai rien d'autre à foutre, parce que c'est une addiction qui me rattrape. Quand j'vois le pansement, qui vire au rose puis rouge... Enfin, j'le vois dans ma tête, il doit toujours être blanc, et à peine rose sur les bords. J'croyais pas avoir réussi, et j'ai vu la lignée qui devenait de plus en plus rouge, et j'me suis levée en me disant « faut que j'arrête ça », et j'ai rincé à l'eau claire, ça m'a fait mal. Et j'ai coupé l'eau, j'ai regardé, et j'ai vu ces trainées de sang, si belles, si magnifiques, si imparfaites... Je n'ai qu'une seule peur, c'est que quelqu'un découvre mon secret et me mette face au mur. Arrête, pourquoi tu fais ça ? Tu vas voir un psy, t'en a besoin ! Mais non, j'ai pas besoin... Ou peut-être que si, mais ça m'est bien égal. C'est pas parce que j'suis déprimée, ou quoi que ce soit... Bon, j'le suis quand même, soyons réaliste, qui ferait un truc pareil si sa vie était pleine de bonheur ? Mais je l'suis pas plus que d'habitude...

Et c'est ainsi que je restais dans les vestiaires, pétrifiée d'être condamnée à passer le reste de ma vie à me cacher des autres. De mon sac à dos, je sortais mes clés, auxquelles était attaché un coupe-ongles avec une lime. Je baissais les chaussettes qui me montaient jusqu'aux genoux, regardais mes jambes blanches et nues. Je n'avais pas encore commencé à me les raser, seulement de temps en temps, parce que ma mère me jugeait trop jeune, et je contemplais ce délicat duvet de pêche, encore doux et sans tache. Une toile parfaite, immaculée. Alors, je prenais la lime à ongles, en palpais le tranchant, et la promenais sur le bas de ma jambe, voyant apparaître sur ma peau une ligne de sang rouge. J'étais surprise qu'elle soit si droite, surprise de voir comme il m'était facile de me faire du mal. C'était presque amusant. [...] Comme il était infiniment plus gratifiant de bousiller [mon corps] moi-même que de se fier aux moustiques et aux promenades à la campagne dans des buissons pleins d'épines ! Je faisais quelques écorchures de plus, en passant d'une jambe à l'autre, cette fois en déplaçant la lime à ongles plus rapidement, avec moins de précaution. Bien entendu, je ne voulais pas me tuer. Enfin, pas à cette époque. Mais je voulais savoir qu'au besoin, si jamais le désespoir devenait aussi terriblement atroce, je pouvais abîmer mon corps. Et c'est bien ce que je faisais. Le savoir me donnait un sentiment de paix et de puissance, aussi me suis-je mise à me taillader les jambes en permanence. Dissimuler les cicatrices à ma mère était devenu un véritable sport. J'ai collectionné les lames de rasoir, ai même acheté un couteau suisse. J'ai été peu à peu fascinée par les différents tranchants, les différentes sensations de coupure qu'ils produisaient.
Prozac Nation – Elizabeth Wurtzel

# Posted on Sunday, 29 March 2009 at 3:34 PM

Beautiful Dirty Rich (Skins) - Lady Gaga | Make It Short, Make It Dance - Gos

Beautiful Dirty Rich (Skins) - Lady Gaga | Make It Short, Make It Dance - Gos
J'suis en train de crever, merde... Je réponds froidement, ou pas, mais tout le monde s'en tape. J'suis dans le noir et dans le silence, un PC sur les genoux et un air déconfit sur le visage, et personne n'a rien à me dire ?! J'regarde les phrases des voitures m'éblouir le visage, et les flaques d'eau mêlées de goudron au sol... J'regarde le lampadaire pas encore cassé, et la seule fenêtre par laquelle de la lumière perce... J'regarde les rideaux éclairés d'une lumière grisâtre, qui rendent les pièces si affreusement dénuées de vie et d'espoirs... J'regarde les mots s'accumuler de la même façon qu'ils sont acheminés jusque dans mes doigts pour leur donner vie, ou la leur rendre... J'écoute le bruit régulier du lave-linge, j'écoute le doux murmure de l'ordinateur qui ronronne, et le bruit des touches qui cliquètent sous mes doigts... Je me vois, les yeux mornes, baissés et douloureux. Je me vois fuir ces propres mots qui s'entassent dans mon cerveau. Je vous libère, foutez le camp ! Ne revenez plus... Jamais. Je me vois avoir du mal à déglutir, je me vois la bouche incapable de former les fossettes de mes joues, incapable de se retourner pour remonter plutôt que tomber. Je me vois toujours avec cette putain de clope à la main. La clope de la délivrance. Je la veux, putain, je la veux. Je veux avoir quelque chose auquel me rattacher, je veux la fumée dans mon corps, je veux tirer dessus, je veux avoir les yeux dans le vague, le cerveau en compote, et une nausée atroce. Je veux sentir le tabac froid sur mes doigts, odeur acre et doucereuse... J'ai pas besoin, non. Je veux. Je veux juste. Est-ce que je suis bousillée ? On m'le dit souvent, mais le suis-je ? Est-ce que je suis déglinguée de l'intérieur ? J'nourris pas, ou peu d'envie de crever. J'nourris pas, ou peu d'envie de vivre.

# Posted on Saturday, 28 March 2009 at 3:11 PM

Show Me What I'm Looking For - Carolina Liar | Sunday With A Flu - Yodelice

Show Me What I'm Looking For - Carolina Liar | Sunday With A Flu - Yodelice
Une journée qui avait mal commencé, une difficulté à se sentir correcte dans son corps. Des cheveux insupportables, une enveloppe dans peau étouffante. Une suite d'évenements sans conséquences... Un début d'après-midi un ciseau dans la main, une des lames sur la jambe. Impossible d'atteindre la chair, la peau de cette poufiasse est trop épaisse, et putain, ça coule pas! Sur la main ça coule. Un peu. Juste le temps de voir la couleur, douce couleur écarlate. Quatre incisions au même endroit sur la jambe, en appuyant toujours plus fort, toujours plus durement, sans grand résultat. J'ai tiré sur la peau, pour qu'elle s'écarte et laisse enfin passer le liquide béni, tout ça pour une goutte, et sans grande douleur... A part la honte et la culpabilité. Addiction de merde. Envie de crever. Picotements d'après bataille, et des scénarios du pourquoi du comment les griffures. J'me suis griffée. Contre un meuble. C'est pas grave. Cicatrices enchantées.
J'ai cherché à retrouver les passées, mais impossible. Le temps, la reconstruction de la peau a tout bouffé. Tous les souvenirs. Y'a plus rien. Comme si rien ne s'était passé. Juste peut-être une couleur différente de pigment de peau... Tout est violet, sauf à cet endroit, où c'est différent mais pas trop. Peut-être même que c'était pas là, et que c'est juste mon imagination qui a cherché à le voir ici. De quel côté ? Gauche ou droite ?
Pourquoi un acte comme ça ? Le mal, le réconfort, le besoin d'attention ? Les trois. J'me sens mal. J'ai envie de quitter mon corps, d'avoir le répit de moi même. De ne plus voir mon reflet dans le miroir, j'en peux plus, je me hais. Je me hais.
J'étouffe. Tout est trop physique, trop psychologique, trop tout... Tout en même temps. Il ne faut plus penser.


# Posted on Saturday, 28 March 2009 at 9:16 AM